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vendredi 30 mars 2007

Utiliser Google CSE pour personnaliser son moteur de recherche

Utiliser Google CSE pour personnaliser "son" moteur de recherche

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Voici quelques jours que je travaille avec CSE à la création d'un moteur de recherche "vertical" (on pourra préférer "thématique", "spécialisé" ou autre, mais j'aime bien la notion de verticalisation qui me donne une idée de profondeur...) dédié à la traduction, et plus précisément à la terminologie appliquée quasi-exclusivement au couple linguistique anglais-français mais dans tous les domaines.

J'avais décidé de m'y consacrer dès la sortie de Google CSE, un outil mettant à disposition de l'internaute lambda toute la flexibilité et la puissance de Google, qui ne faillit décidément pas à sa réputation !

Cela a donné Translation's 2.0, pour être dans l'air du temps :

D'abord dédié à la terminologie français <--> anglais (même s'il donne aussi de bons résultats avec d'autres langues européennes), le but consiste à n'indexer que des sites très riches en terminologie, bilingues pour la plupart, afin d'atténuer le plus possible le bruit généré par Google, sans pour autant tomber dans le silence.

Le but est donc de faire gagner du temps à l'internaute en éliminant la masse des réponses hors sujet, inévitables lorsqu'un moteur indexe plusieurs milliards de pages Web, pour proposer un maximum de résultats pertinents. Et même si j'ai essentiellement restreint à deux langues le champ de recherche, j'ai voulu éviter de faire un moteur confidentiel, puisque l'ambition est de traiter tous les domaines, la terminologie étant transversale par excellence.

Cela va à l'encontre de ce que j'ai pu observer dans les CSE disponibles en français, peu à vrai dire, puisque j'en ai trouvé à peine quelques dizaines contre environ 20 000 moteurs personnalisés recensés par Google (voir également ce Guide To Custom Search Engines). Encore la frilosité française face au pragmatisme anglo-saxon ?

Profitons-en donc pour saluer quelques pionniers, qui vont des trois mousquetaires de l'information juridique au D'Artagnan de la veille, en passant par la vente, la lecture, les normes du Web, l'accessibilité, les blogs de Google, les blogs francophones, les juriblogs, et même la biblioblogosphère.

Ajoutons-y en vrac les timbres, les estampes, l'emarketing, les flux, les photos, les "signaux", le foot, Autodesk, Wordpress, Linux, Ubuntu ou les beta-tests, avec une mention spéciale pour les vins ... suisses, et pardon à celles et ceux que j'oublie (les commentaires sont ouverts pour réparer cette injustice :-).

Venons-en maintenant à l'élaboration du moteur, déjà fort bien expliquée ici, pour signaler quelques fonctionnalités que je trouve géniales.

Tout d'abord la possibilité de s'affranchir de la page fournie d'office par Google dès qu'on crée son moteur pour l'héberger dans le contexte de son choix : sobrement pour Sébastien Billard, brillamment chez Sergi, ou de manière particulièrement visuelle pour Vincent Abry avec l'interface de Surfons :


Viennent ensuite différentes fonctionnalités avancées offertes par Google pour optimiser son propre espace d'accueil du moteur CSE, notamment la possibilité de faire apparaître les résultats sur la page de son choix, en dépit d'un petit bémol, à savoir la limitation des affichages à 10 résultats par page, sans fonction cache ni signaler le nombre total de résultats d'une recherche.

Ceci étant, c'est toute la puissance de son moteur que Google met gratuitement à notre disposition, et ce serait vraiment dommage de s'en priver. Si vous ne savez pas quoi y mettre, gavez-le avec tous les liens accumulés dans vos favoris au fil des ans, vous verrez que lorsque vous vous habituerez à la recherche plein texte vous en oublierez jusqu'à l'existence de vos signets !

Je vais rédiger prochainement une FAQ pour expliquer les stratégies et les syntaxes de recherche utiles pour tirer toute la pertinence possible de l'outil, donc en attendant profitez-en pour résoudre vos problèmes terminologiques et de traduction anglais-français ou vice-versa : testez-le, j'apprécierai grandement votre expérience en retour et je reste ouvert aux conseils autant qu'aux critiques constructives. Je n'ai pas encore terminé la base d'indexation, mais il est déjà gaillard, le petit ! Pour l'essayer, c'est par là :






Google Custom Search


Bonne recherche et, surtout : n'oubliez pas, créez le vôtre !

Jean-Marie Le Ray

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samedi 24 mars 2007

Cinquante ans aujourd'hui !



Bordeaux, hôpital Pellegrin, nuit du samedi 23 au dimanche 24 mars 1957, 1 heure du matin : naissance de Jean-Marie, Vincent, Edmond Le Ray, fils de Bernard Paul Le Ray et Jacqueline Pierrette Durand.
Rome, le lendemain, signature du Traité instituant la Communauté économique européenne.
Je suis donc plus vieux que l'Europe. Le vieux continent, qu'ils l'appellent ! Vieux con..., vieux con..., vieux continent... (tant que c'est pas incontinent, ça va encore ;-)
Rome, samedi 24 mars 2007, 1 heure du matin, 50 ans plus tard, j'écris ce billet. Après tout, devenir quinqua, ça n'arrive qu'une fois dans sa vie (même si c'est parti pour 10 ans !). Entre ces deux dates, l'Europe s'est construite, paraît-il, moi aussi. Enfin, j'espère. :-)
Hugo en serait-il fier ? Comme dit Alain Decaux :
Hugo incarne son siècle mais on pourrait dire également que ce siècle-là galope derrière Hugo. L'un et l'autre croient à l'avenir, à ce radieux XX° siècle qui devait voir s'abattre les frontières, mourir la guerre, la misère, l'ignorance, naître de la fraternité universelle ce bonheur des hommes qu'annonçaient les utopistes, ces bien nommés.
À Guernesey, devant le chêne des États-Unis d'Europe qu'il planta dans la certitude que ces États seraient unis quand l'arbre serait grand, j'ai rêvé à ce qui fut de sa part illusion majeure et de la nôtre péché mortel. L'arbre est immense - et qu'avons-nous fait ?

* * *

Point commun entre ces deux événements, Rome, où je vis maintenant depuis plus de 20 ans (qui l'aurait dit ?). J'aime Rome, pas la Rome des guides touristiques mais celle des romains, les vrais, ceux de Trastevere ou Campo de' Fiori, j'aime leur générosité, leur accent, leur exubérance.
Un épisode pour les situer : une ruelle étroite, dans les parages de Via Panisperna, bordée de façades hautes des deux côtés, avec un peu partout des forêts d'antennes de télé sur les toits et ce linge aux fenêtres qui font tant sourire les français...
Je marche sur le trottoir de gauche et, une dizaine de mètres devant, je vois une dame d'un certain âge penchée au quatrième ou cinquième étage qui fait descendre un panier au bout d'une corde. Comme je continue d'avancer, une autre dame en vis-à-vis se livre à la même opération, et alors que j'arrive près du panier la première m'interpelle :
- « Garçon, ça te dérangerait pas de prendre ce qu'il y a dans mon panier pour le mettre dans celui d'en face ? »
- « Mais pas du tout ! », dis-je en m'exécutant volontiers. Or qu'y avait-il dans le panier ? Je vous laisse deviner, réponse en fin de billet...

* * *

C'était à mes débuts dans la capitale italienne, et il me revient à l'esprit un concours organisé par la Procure pour fêter ... les 50 ans de la librairie française, intitulé « Dernières nouvelles de Rome », auquel j'ai participé il y a deux ans (très exactement à l'époque où j'ai entrepris ce blog, en mars 2005). Je n'ai certes pas gagné le prix de Rome, mais je suis heureux que cela m'ait donné l'occasion d'écrire ce texte, dédié à mes beaux-parents et à Paul Bernard, mon fils, petit romain dans toute sa splendeur. Rien à voir avec Google, Internet & Co., mais il faut bien varier les plaisirs. Je vous le livre tel quel, en l'agrémentant de quelques liens. Bonne balade. Peut-être un peu longue, mais hautement charmante et recommandable...

Rome antique, Rome nouvelle

1983
Voilà déjà un an que je vis en Italie.
Première visite à Rome, dont j’ignore tout.
Dans un itinéraire suivant l’impulsion du moment, sans projet ni science, une errance m’ayant conduit de la Rome baroque à la Place de Venise, je quitte celle-ci en longeant l’Autel de la Patrie vers la Via dei Fori Imperiali, grande avenue qui mène droit au Colisée.
Après avoir parcouru quelques mètres j’avise à droite une montée, mais préfère garder le cap, d’instinct, mes jambes fatiguées se refusant à escalader le fort dénivelé.
Une dizaine de mètres supplémentaires et une deuxième ruelle annonce Via del Tulliano.
Je m’y engage sans trop savoir pourquoi, sinon qu’elle est plane et m’assure une marche plus reposante ; n’ai aucune idée de ce qui m’attend…
Encore quelques pas et une vaste façade en point de fuite attire mon attention. Je saurai plus tard que c’est la paroi latérale de l’église Saint-Joseph-des-Charpentiers, bâtie sur les deux niveaux du Carcer Tullianum, probablement le plus vieux monument de Rome, qui donne son nom à la rue homonyme : ce cachot noir et humide fut, entre autres, le terrible tombeau de Jugurtha, roi de Numidie, et de Vercingétorix, défait au siège d’Alésia, grand chef des braves et grand vaincu de la guerre des Gaules. Tandis que les Césars jubilaient de leur Triomphe
Pour l’heure, je n’aperçois au bas de l’édifice que de grosses barres grisâtres, peu avenantes, encadrées d’une corniche robuste en marbre blanc qui tranche avec la couleur brique des hauts murs, tout comme contrastent avec le ciel ensoleillé la froideur et la semi-obscurité caverneuses filtrant des interstices. Une inscription au fronton me fait lever la tête :
MAMERTINUM
Prigione dei SS. Apostoli Pietro e Paolo

Je ne connais pas la ville mais je sais l’italien : Prison des Saints Apôtres Pierre et Paul !


Quae dicitur custodia in qua incarcerati fuerunt beati Petrus et Paulus

Deux colonnes de lumière sombrées au fond d’un puits de nuit.
Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Ma vue s’accoutumant à la pénombre, il me semble percevoir un trou dans le sol, par où s’échappent prières et gémissements, mêlés à l’eau jaillissante d’une source miraculeuse…
* * *

Absorbé dans mes réflexions, abîmé devrais-je dire, sous le choc considérable de cette découverte inopinée, difficile de refaire surface.
Finalement, je vais pour reprendre mon chemin, et tourne le dos aux tristes barreaux.
Or en faisant volte-face, la vision que saisit mon regard dans l’instant m’immobilise.
Stupéfait, j’en reste planté sur place, le souffle coupé par l’émotion, bouleversé par ce second choc, plus formidable encore que le premier ! À moins que ce ne soit la superposition violente et rapprochée des deux ?
Contact aussi soudain qu’est inouïe la beauté du spectacle déployé devant mes yeux ébahis…

  1. Mamertinum
  2. Belvedere d'où l'on a une vue panoramique sur le forum
  3. Capitole (actuellement, mairie de Rome, où fut signé le traité instituant la CEE)
  4. Place du Capitole
  5. Vittoriano (Altare della Patria, Tomba del Milite Ignoto)
  6. Via dei Fori Imperiali
  7. Centre du Forum

* * *

– « Connaissez-vous le Forum romain ?
– Une atmosphère unique au monde ! Une immensité d’anciens témoignages qui s’érigent et s’amoncellent sur quelque 4 km², décor d’une profondeur extraordinaire que nous donne à découvrir ce lieu de mémoire tel qu’il existait il y a plus de 2000 ans (si ce n’étaient les cohortes de visiteurs), un lieu public d’échanges et de rencontres où les romains se retrouvaient pour vaquer à leurs affaires, centre de la vie civile, religieuse, cœur de la ville où se concentraient les pouvoirs politique, législatif, exécutif, judiciaire et administratif de l’Empire.
Ce somptueux musée à ciel ouvert offre l’insigne avantage de pouvoir aller s’y perdre tôt le matin (quand les touristes dorment encore...), précisément « le genre de beauté auquel on se trouve sensible en se levant » disait le Sieur Beyle, pour s’abstraire dans la poésie omniprésente.
Le sol que l’on foule gît une bonne dizaine de mètres en contrebas de la Voie des Forums Impériaux, la ville moderne étant rehaussée par rapport à la cité antique, comme si chaque siècle avait tenu à dissimuler les traces des précédents – ont-ils autant honte les uns des autres ? –, à l’abri des furieux quadriges d’aujourd’hui, aux cent chevaux et aux quatre roues motrices…
Et dire que le Forum est resté à l’abandon pendant des siècles, jusqu’à l’époque où plusieurs campagnes de fouilles destinées à lui redonner sa splendeur oubliée furent ordonnées par … Napoléon : encore une histoire d’empereur, une fois n’est pas coutume !
Jadis marché aux bœufs ou champ des vaches (Campo Vaccino) paissant au pied du mont aux chèvres (Monte Caprino) – le Capitole, lui-même à l’origine champ d’huile (Campidoglio) –, cet espace n’était plus depuis le VIIIe siècle qu’un amas de décombres situé hors des murs de la cité, avec quelques monuments méconnaissables entourés çà et là d’hétéroclites bâtisses surgies du Moyen Âge. Jusqu’en 1811, année où commencèrent à être rasés greniers, maisons et granges à foin construits au milieu du Forum, voici le paysage que virent les contemporains de Stendhal,

Perspective vue du Colisée, avec en premier plan l’Arc de Constantin - G.B. Piranesi

qui nous rapporte dans ses Promenades romaines : – « D’où sont venus ces dix à douze pieds de terre répandus sur le sol de la Rome antique ? Cette terre couvre en partie la plupart des monuments, même ceux qui sont placés dans des lieux élevés. Ce ne sont point des débris de briques et de mortier, c’est de la belle et bonne terre végétale. »
De nos jours, toute cette belle et bonne terre a été déblayée depuis longtemps : partout ce sont des pierres blanches, des blocs énormes, comme erratiques (j’y ai vu des aïeux !), d’innombrables fragments de marbre, de travertin, de pépérin, tuf volcanique ainsi nommé par les romains à cause de sa ressemblance avec les grains de poivre pétris, ce sont des profusions de colonnes, des vestales riant dans l’eau argentine de vasques profondes et larges (une des richesses de Rome, les fontaines...), ce sont des basiliques prodigieusement hautes, le Sénat où siégeaient des félonies, et la tribune des rostres, « Tombeau de Cicéron », d’où les orateurs fendaient la houle plébéienne de harangues brutales, ce sont des arcs de triomphe annonçant la grandeur du Palatin, édifié sur des nécropoles étrusques (qui sait ?), avec la fosse adjacente d’un stade ostrogoth, que les barbares chevaux des armées d’Attila ne piétinèrent cependant pas (il est tout recouvert d’herbe grasse !) ; c’est encore, au sud, le Circus maximus – réminiscence des fameuses paroles « panem et circenses » –, c’est enfin, traversant l’Histoire, cheminant d’ouest en est, de la prison Mamertine et Tullienne jusqu’au Colisée, colosse de chrétienté, sous le regard calme des verts cyprès et des magnifiques pins parasols, l’étroite voie sacrée, au pavage qui retentit encore du roulement fracassant des chars de généraux ensanglantés et dont chaque dalle pourrait bien raconter à nos oreilles horrifiées pléthore de folies, de conspirations, de mensonges et d’assassinats inouïs... »
Perdu en contemplation devant ce sauvage spectacle, mon imaginaire encore empli de fières légions, toutes cuirassées, harnachées, caparaçonnées et bruyantes, rangées de soldats batailleurs et cruels défilant par centuries (sûrement le symbolisme des péplums), je me dis qu’heureusement, par chance ou par miséricorde, l’oubli et le pardon ont reconquis ces vestiges, laissant même au promeneur la chimère d’un passé heureux, en tout cas un panorama grandiose, un étonnement face auquel je songe une vérité d’évidence troublante :

La poésie demeure et relève le défi d’un monde en ruine !


* * *

L’endroit où je me trouve est une enclave : au propre avec, d’un côté, les 32 mètres d’aplomb de la Roche Tarpéienne qui domine l’imposante forteresse du Palais Sénatorial, dressé sur les ruines du Tabularium, et, de l’autre, l’austérité hautaine de la Curie ; au figuré, c’est un éclair de poésie tonnant pour se faire entendre – assourdi entre les cris de fureur du peuple acclamant les triomphateurs, et les cris de souffrance transformés en scories de colère pétrifiée que nous ont transmis les prisonniers gravissant les Scalæ gemoniæ pour être conduits au supplice –, une enclave étant aussi un fragment de roche étrangère à la masse où elle est englobée…
Cette pensée me ramène aux blocs épars qui jonchent le sol au pied du Tabularium, pont jeté entre les sommets de l’Arx et de l’antique Capitole. Le temps nous a restitué quelques indices : il abritait les archives de l’État Romain, et l’on y pratiquait la glyptique, dont le nom, pris étymologiquement, signifie la gravure dans toutes ses variétés – du grec γλύπτω, je grave –, puisque les lois et traités de Rome y étaient inscrits sur des tables de bronze (tabulae).


Toutefois, les mots célèbres de l’empereur Auguste : « J’ai trouvé Rome de briques, je l’ai laissée de marbre » permettent de supposer qu’ils y gravaient également ce noble matériau, les plaques de rue le confirment, aussi mes yeux avides de découvertes scrutent-ils chaque pouce de terrain en quête d’un signe du passé…

* * *

Las ! Je n’ai rien vu ce jour-là.
Alors j’y suis retourné. Souvent. Longtemps. Dans les semaines, les mois et les ans qui suivirent. Encore et encore.
Irrésistiblement attiré par tout ce marbre dans la blancheur duquel ancrer durablement les mots du poète.

Ut sculptura poesis !

J’ai recueilli patiemment mille et un glyphes éparpillés pour en recomposer le puzzle, non pas la roche primitive, certes, mais seuls trois morceaux d’un triptyque idéal, en m’efforçant de garder trace des intentions premières de son auteur.
Puis un peu à la manière de Champollion, tout déchiffreur étant aussi traducteur par nécessité, dans une herméneutique créative j’ai appliqué mon art et ma science à reconstituer l’originel message.
Cet effort a donné naissance à trois poèmes, retranscrits en français moderne sous forme de sonnets respectivement intitulés Volonté, Pureté, Unité, trois mots qui semblent faire pendant à une devise bien connue : Liberté, Égalité, Fraternité, plus que jamais d’actualité…

[blanc...]

* * *


2005
Romantique Rome Antique.
Ville capitale où l’Histoire – du dallage irrégulier des augustes voies consulaires aux mosaïques de sanpietrini poussiéreux ou luisants, ces petits cubes de basalte extraits des carrières pontificales qui pavent rues et ruelles – affleure toujours et partout.
Ville Poésie. Éternellement.
Jamais remis de ce double impact initial, je ne l’ai plus quittée depuis.


P.S. Qu'y avait-il dans le panier ? un rouleau de p-cul :-)

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jeudi 15 mars 2007

Le top 50 des sites US et ... Wikipedia

Le top 50 des sites US et ... Wikipedia

Comscore vient de publier son compte-rendu des sites les plus visités aux États-Unis le mois dernier. Yahoo occupe la première place avec près de 130 millions de visiteurs (et une moyenne de 28,6 visites/internaute sur le mois), suivi par Time Warner (118 millions), puis, au coude à coude, Google et Microsoft (+114 millions).


Wikipedia arrive en 9ème position avec près de 44 millions de visites. Même classement que le mois dernier, un succès qui doit largement à Google.

Et un succès qui enchante même Michel Serres :
« Je suis un enthousiaste de Wikipédia pour plusieurs raisons.

La première raison, c'est sa gratuité et je crois que j'ai consacré ma vie à la connaissance, d'une certaine manière parce qu'elle est gratuite. Comme elle est gratuite, elle est productrice.

(...)

Deuxièmement, c'est libre.

(...)

C'est une entreprise qui m'enchante parce que, pour une fois, c'est une entreprise qui n'est pas gouvernée par des experts. (...) et il y a là dans cette entreprise de liberté, de communauté, de vérification mutuelle, quelque chose qui, dans la gratuité, la liberté, m'enchante complètement et me donne une sorte de confiance dans ce que peut être un groupement humain.

Le savoir absolu n'existe pas pour la bonne raison que dès qu'on est un peu dans le savoir, on voit à quel point il évolue à toute vitesse. J'ai dit dans une autre émission qu'aujourd'hui, les professeurs de sciences n'enseignent que la moitié de ce qu'ils ont eux même appris. Le savoir est dans une progression exponentielle. Comment voulez-vous qu'il soit un jour absolu ? Il y a une telle grande différence entre le savoir et la connaissance, ou l'entendement et l'intelligence, que la marge de progrès est infinie.

(...)

Il n'y a que des bénévoles et cela donne vraiment tort à tous nos prophètes de malheur. Il y a aujourd'hui une encyclopédie libre, gratuite à la disposition de tout le monde et qui est le plus souvent vraie.

Il y a des vandales partout mais ce que je trouve d'extraordinaire dans l'organisation de Wikipédia, c'est qu'elle est auto-organisée pour lutter contre les vandales. D'une certaine manière, c'est un miracle d'auto-organisation, d'auto-gestion. On a l'impression qu'en matière de liberté et de vérité, l'honnêteté l'a emporté sur le vandalisme ce qui est rare dans notre monde moderne. »
Via Affordance, qui nous renvoie également vers un article passionnant, intitulé « What open access research can do for Wikipedia », merci Olivier. :-)

Toujours en anglais, je signale cette étude qui analyse la valeur de la collaboration pour l'encyclopédie libre : Assessing the value of cooperation in Wikipedia. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
« Since its inception six years ago, the online encyclopedia Wikipedia has accumulated 6.40 million articles and 250 million edits, contributed in a predominantly undirected and haphazard fashion by 5.77 million unvetted volunteers. Despite the apparent lack of order, (...) (w)e also demonstrate a crucial correlation between article quality and number of edits, which validates Wikipedia as a successful collaborative effort.

Depuis ses débuts, il y a six ans, Wikipedia accumule 6,4 millions d'articles, édités 250 millions de fois, grâce à 5,77 millions de volontaires dont les contributions libres ne sont généralement pas validées. En dépit de ce désordre apparent, (...) notre étude montre qu'il y a une corrélation fondamentale entre la qualité des articles et le nombre de fois où ils ont été édités, ce qui valide la réussite de l'effort collaboratif de Wikipedia. »
Des chiffres (voir la liste et la taille des projets) qui semblent également battre en brèche la fameuse règle des 1%...

Quant à Jimmy Wales, son fondateur, il est bon cinquième parmi les 50 personnalités jugées les plus influentes sur Internet.


Décidément, Wikipédia, une réussite sur toute la ligne. Tiens, j'ai pas fait exprès !


P.S. Et pour faire le lien avec mon article précédent sur les IDN, wikipédia.com est en vente sur Sedo :


Dans ce cas, je suis évidemment d'accord avec Tom, c'est bien de cybersquatting qu'il s'agit, puisque Wikipedia est une marque forte, totalement distinctive. Ce qui n'est pas le cas de cafe/café, comme je le mentionnais en conclusion de ce billet... :-)

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mercredi 14 mars 2007

L'ICANN teste les IDN : issue positive sur toute la ligne

L'ICANN teste les IDN : issue positive sur toute la ligne

Une actu de première importance pour l'avenir d'Internet ! Selon le rapport de l'ICANN, annoncé la semaine dernière, le processus de test des IDN (noms de domaine multilingues) lancé en octobre dernier s'est conclu par une réussite totale.

À l'origine, les buts essentiels de cette procédure visaient :
  • à démontrer que l'insertion de chaînes IDN dans le système du serveur racine A (géré par Verisign) n'a aucun impact négatif sur la résolution des noms de domaine ;
  • à obtenir l'agrément du Département américain du commerce, pour qu'en quelque sorte les IDN soient certifiés DoC ;
  • à dégager un consensus entre le comité consultatif du système DNS (RSSAC) et les différents opérateurs des serveurs racines sur l'introduction des IDN dans le système.
C'est maintenant chose faite, l'important étant de prouver que l'introduction des IDN ne menace pas la sécurité et la stabilité du DNS, dont la garantie est au cœur des mandats de l'ICANN.

Grosso modo, les essais, menés par la société Autonomica AB, ont consisté à tester plusieurs labels IDN et à enregistrer les réactions et temps de réponse de l'ensemble du système. Or toutes les réponses ont été conformes aux attentes, sans qu'aucun retard imprévu n'ait été détecté (Results: All answers were consistent with expected behaviour, and no unexpected delays were discovered).

Donc, avec la prise en charge des IDN par Internet Explorer 7 (chose que ne faisait pas IE6, contrairement à Firefox), qui a déjà contribué à populariser les IDN, surtout en Asie, mais aussi en Allemagne (pour l'Europe, je ne parle pas de la France, où il me semble qu'il y a encore beaucoup de réticences, selon moi inexplicables) ou en Amérique Latine, maintenant que l'ICANN connaît ces résultats positifs, j'espère que la prochaine réunion au cours de laquelle il en sera question, qui aura lieu à Lisbonne dans quelques jours (du 26 au 30 mars), pourra être le prélude au déploiement définitif des noms de domaine internationalisés.

Alors, les IDN : arnaque ou opportunité ? Perso, j'ai choisi mon camp : formidable opportunité !

D'accord, pas d'accord ?


P.S. Je voulais titrer « L'ICANN teste les IDN : résultats positifs à 100% », et puis avec ce problème des caractères accentués qui ne sont pris en charge ni dans les URL générés par Blogger ni dans les flux, j'ai préféré modifier mon titre, moins incisif, certes, mais sans accent. Ah ! vivement que ça change ... grâce aux IDN (car il est clair que cette évolution majeure ne concernera pas uniquement les noms de domaine, mais toute la « grammaire » de l'Internet) !

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lundi 12 mars 2007

RegisterFly : erreur 404, Registreur introuvable

RegisterFly : erreur 404, Registreur introuvable

RegisterFly, vous connaissez ? Non ? Jamais entendu parler ? Bon, ben ça va vite changer. Voici la brève chronique d'un désastre annoncé.

* * *

[MàJ - 16 mars 2007] Voilà, c'est fait, le registreur n'est plus agréé par l'ICANN.

[MàJ - 15 avril 2007] Bien que RegisterFly ait été radié par l'ICANN, ils continuent à enregistrer des noms (et à se faire payer) comme si de rien n'était. Une « class action » (recours collectif) a été entreprise, à la fois contre le registreur, l'ICANN et eNom.

* * *

Il y a déjà plus d'un an que nos bons amis de l'ICANN reçoivent des plaintes de clients mécontents (c'est un euphémisme) de cette société, actuellement 20ème au classement des principaux registreurs.


Pendant des mois et des mois, l'ICANN a semblé impuissant et incapable d'entreprendre quoi que ce soit pour protéger les intérêts de tous ceux qui avaient eu la mauvaise idée d'enregistrer leur(s) nom(s) de domaine sous l'enseigne du registreur volant (ou voleur, pour la rime :-).

Et puis il y a un mois la situation a commencé à précipiter. Le 12 février dernier, l'un des deux associés fondateurs d'Unifiednames, Inc., la société mère de RegisterFly, John Naruszewicz, envoie d'urgence une lettre de licenciement à son co-associé / co-fondateur, Kevin Medina, en le mettant en demeure de restituer tout ce qui appartient à la société, des ordinateurs portables aux codes sources, de la liste des clients à l'accès aux comptes bancaires, etc.

Y a de l'eau dans le gaz...

Lettre accompagnée d'une action en justice pour conduite illicite, datée du même jour, dans laquelle la société précise que sur les 200 000 clients qu'elle comptait en décembre 2006, elle en a perdu ... 75 000 en janvier 2007 (points 18 et 19)  !

Le point 23 est intéressant, puisqu'il accuse M. Medina d'avoir dilapidé les actifs de la société, en se servant dans la caisse pour se payer les services de modèles, pour se faire liposucer (y a-t-il rapport de cause à effet ?), ou encore pour régler les 10 000 $ de loyer mensuel de son modeste pied-à-terre à Miami Beach plus tout un tas d'autres dépenses via ses cartes de crédit. Une info reprise par Bob Parsons en personne, qui a sûrement senti la bonne affaire.

Dans un même temps, les journaux commençant à se saisir de la question, l'ICANN décide d'agir en adressant à RegisterFly une lettre de 10 pages pour violation de contrat, et en donnant à la société 15 jours pour remettre les choses en ordre.

Quant à l'accusé, il réfute naturellement toutes les accusations dans sa réponse, et se justifie en disant que le seul but de son ex-associé est de s'accaparer la société. Chose que croit volontiers le juge, puisqu'à la surprise de tout le monde, il donne totalement raison à Medina !

John Naruszewicz, qui s'était déjà excusé auprès de ses clients (lettre encore en ligne sur le site, pour l'instant...), jette l'éponge, écœuré, et déclare qu'il ne fera pas appel :
"We lost and it's all over," he says. "The company will implode in days and 1 million domain names are going to be lost. It's a damned shame."

Nous avons perdu, et c'est terminé. La société va exploser d'un jour à l'autre, 1 million de domaines vont être perdus, c'est une putain de honte.
Des propos repris par Bob Parsons, et devant le tollé général, l'ICANN s'empresse de préciser qu'elle a déjà contacté M. Medina, à qui il reste deux jours pour rétablir la situation, et que le jugement rendu ne change rien.

En tous cas, il suffit de lire les commentaires des clients pour comprendre que plus personne ne se fait d'illusion (à comparer avec les témoignages "officiels"). Voir ici un exemple en vidéo...

Enfin, s'il y en a parmi vous qui ont des réclamations, voici l'adresse :

RegisterFly.com, inc.
404 Main Street
Boonton, NJ, 07005
US

404, ça vous rappelle rien ?


Liens connexes : IcannFly et Registerflies (sites réalisés par les clients escroqués), et en français.

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mardi 6 mars 2007

Les enjeux autour de Technorati et des blogs

Les enjeux autour de Technorati et des blogs

Dans une association de pensées un peu facile, mais immédiate, il m'arrive souvent d'évoquer l'équation suivante : blogosphère = Technorati. Très partiel et partial, je vous l'accorde, mais lorsque je veux circonscrire une recherche aux blogs, j'ai plus volontiers le réflexe Technorati que Google BlogSearch, et j'imagine ne pas être le seul.

C'est donc avec une certaine surprise que j'ai lu ce billet de Read/WriteWeb reprenant une analyse de LeeAnn Prescott, publiée fin décembre 2006 et intitulée Google Blog Search dépasse Technorati, indiquant que pour la première fois Google pousse son propre moteur de recherche de blogs sur le marché nord-américain, aux dépens des résultats de Technorati.


Technorati, une bonne image de marque et une très forte notoriété sur le Web, PR7, 91 millions de résultats dans Google :


+70 millions de blogs tracés à ce jour :


soit une progression de 100% en moins d'un an (+35 millions en avril 2006) !

Des chiffres impressionnants mais probablement en dessous de la réalité. Je m'explique : si l'on en croit le niveau de francisation de la blogosphère selon David Sifry, le français ne représente que 2% de l'ensemble, soit en gros 1,5 million de blogs en se basant sur le total de 70 millions annoncé ci-dessus. Or Skyblog à lui seul en compte plus de 7,5 millions (à l'instant de ma capture d'écran)... Un différentiel de 6 millions de blogs pour une langue, cherchez l'erreur !


Un différentiel qui trahit la difficulté de dénombrer le phénomène avec exactitude et qui explique les fourchettes importantes qu'on retrouve çà et là sur le Web : des 70 millions annoncés par Technorati aux 100 millions de blogueurs prévus par Gartner durant le premier semestre 2007 :
Blogging and community contributors will peak in the first half of 2007. Given the trend in the average life span of a blogger and the current growth rate of blogs, there are already more than 200 million ex-bloggers. Consequently, the peak number of bloggers will be around 100 million at some point in the first half of 2007.
Donc si l'on suppose ce chiffre de 100 millions comme plausible (ayant vu que les estimations de Technorati étaient par défaut), cela signifie que Technorati concentre grosso modo les 3/4 des blogs à l'heure actuelle.

Une ressource exceptionnelle, puisque la blogosphère prend chaque jour une importance considérable, autant en termes de taille que d'UGC, le fameux contenu généré par l'utilisateur. L’audience et le contenu étant devenus pour l’Internet ce que le labourage et le pâturage sont à la France : ses deux mamelles. Elles nourrissent le réseau, dont l’arborescence a le contenu pour sève et l’audience pour frondaison.

Le binôme audience + contenu est d'ailleurs le véritable modèle économique du Web, voir les (prix des) rachats de MySpace par News Corp., de YouTube par Google, ou plus récemment de MyBlogLog par Yahoo (une opération bien utile...).

C'est là du reste où je rejoins l'analyse d'Emre Sokullu et Richard MacManus sur les options de sortie de Technorati, qui mentionnent un choix possible entre une introduction en bourse ou une acquisition par Viacom ou News Corp. (dont on connaît l'appétit pour ce genre d'opérations), ou encore par Yahoo, qui en profiterait pour étendre son offre de recherche aux blogs.

De plus, si un moteur réussit à décrocher l'exclusivité sur Technorati, il bénéficiera de sa formidable audience (208ème site le plus visité au monde, selon Alexa).

La possibilité d'un rachat de Technorati avait déjà été envisagée en 2005, aussi bien par Yahoo que par News Corp., mais cela ne s'est pas concrétisé par la suite. Il n'empêche qu'en deux ans les choses bougent, a fortiori sur Internet, où les réseaux sociaux ont actuellement un pouvoir d'attraction qu'ils n'avaient pas alors (l'apparition de nouveaux acteurs le montre), et que les rumeurs d'aujourd'hui deviendront peut-être les réalités de demain...

Qui vivra verra ;-)



P.S. Merci à Tom, qui vient d'ajouter en commentaire que les fils RSS sont maintenant disponibles sur Skyblog. Par curiosité, j'ai voulu comparer les stats entre le jour où j'ai écrit ce billet et aujourd'hui (vendredi 23 mars, 16h30'), or à l'heure où j'écris, voici les résultats :


Donc, en 17 jours :
  • 250 000 nouveaux skyblogs
  • plus de 7 millions d'articles écrits
  • près de 30 millions de commentaires
C'est quand même étonnant !

Tiens, pour terminer, cadeau : voici le premier skyblog en termes de fréquentation. Sortez couverts...

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samedi 3 mars 2007

Deux mots sur Google ... et quelques liens

Deux mots sur Google ... et quelques liens

En mars dernier je publiais un billet sur Google qui allait faire date dans ma vie de blogueur. C'était le cinquième que j'écrivais sur la firme de Mountain View, mais j'ignorais qu'il préludait à une longue série, riche d'une cinquantaine d'articles qui m'ont amené à décortiquer le mystère Google, toujours aussi fascinant, je l'avoue, même si j'en parle moins. Zorgloob et d'autres le font déjà très bien (impossible de tous les citer), et puis je n'aime pas me focaliser trop longtemps sur les mêmes sujets, étant curieux de tout par nature. Je crois d'ailleurs que l'éclectisme est l'une des qualités du blogueur.

Mais bon, lundi aura lieu la présentation d'Eric Schmidt aux analystes financiers, accessible ensuite ici, et même si je doute qu'il répète la formidable erreur de l'année dernière, il y a toujours beaucoup à apprendre dans les présentations de Google (je me suis peut-être avancé un peu vite, cette année le rapport signal-bruit n'est certainement pas en faveur de Schmidt !).

Qui vient juste de soumettre son bilan 2006 aux instances américaines compétentes (via Search Engine Land), je vous le laisse disséquer à loisir (quelques précisions chez Didier Durand). Je me contenterai de vous signaler une section très intéressante sur le pôle business, qui décrit tous les produits et services grâce auxquels la société fournit de la valeur à ses utilisateurs (How We Provide Value to Our Users). La liste est longue et c'est en anglais, aussi permettez-moi de vous signaler le superbe travail d'Olivier Duffez, qui vous fournit pratiquement la même en français. Donc, tant qu'à choisir, restons gaulois ;-)

Autre must read, ces deux ressources exceptionnelles sur le blog de Gord Hotchkiss, à propos de la personnalisation des résultats de recherche : une interview avec Marissa Meyer, l'autre avec Matt Cutts, qui aborde également l'avenir du référencement...

Et puisqu'il faut aussi citer les zones d'ombre, je vous conseille cet excellent billet de Philipp Lenssen sur la censure exercée par Google dans certains pays / certaines circonstances.

Côté hypercompétition, la bataille de titans se poursuit, et au milieu Yahoo compte les points. Google, dont la suite bureautique en ligne écrase ses concurrents (en leur laissant les miettes), attaque de front Microsoft sur son propre terrain, qui essaie de s'adapter, notamment en reversant une partie croissante de son budget pub sur Internet.

J'emprunterai d'ailleurs à Ray Ozzie le mot de la fin, qui définit ainsi la recherche sur la toile : the command line of the Internet. Une définition qui pourrait fort bien s'appliquer à Google...


vendredi 2 mars 2007

Lorsque les conversations se taisent...

Lorsque les conversations se taisent...

J'aime bien Loïc Le Meur. Le Monsieur Blog de l'Hexagone !

Ça n'apparaît sûrement pas dans mes billets, vu qu'à chaque fois que j'en ai parlé c'était plutôt sur le ton de la critique, mais critiquer quelqu'un ne veut sûrement pas dire qu'on ne l'apprécie pas.

Je l'aime bien parce que je pense que c'est un honnête homme. Je sais pertinemment qu'en 2007 dire de quelqu'un qu'il est honnête homme ça fait con ou ringard, au choix, mais ça veut bien dire ce que ça veut dire. Quelqu'un d'honnête, droit dans ses bottes disait Juppé si je me souviens bien, quelqu'un qui n'a pas peur de s'exposer ni de dire publiquement ce qu'il pense, ce qu'il croit et en quoi (ou en qui) il croit, etc.


Il m'énerve d'ailleurs assez depuis qu'il parsème son blog de billets parlant de Sarko, personnage pour qui j'ai à peu près autant d'estime que pour Berlusconi, c'est-à-dire aucune. Pour employer un euphémisme.
[Parenthèse] Même si je penche plutôt à gauche côté politique, c'est juste au niveau des idées, car je suis intimement convaincu que la politique telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui dans nos démocraties s'est tellement vidée de son sens qu'elle n'en a plus, de sens. Ni à droite, ni gauche, au centre, en haut ou en bas, car qu'ils ou elles se proclament d'une quelconque "famille" (laissez-moi rire :-), le résultat est le même sous toutes les latitudes, tous sont à la botte (droits dedans ?) de l'économie et des grands pouvoirs financiers qui se partagent le gâteau global. Mais c'est une autre histoire. [/Parenthèse]
Tout comme j'aime, beaucoup, son slogan : « Les blogs démarrent des conversations. »

Donc quelle n'a pas été ma surprise de découvrir un de ses derniers billets, publié le 27 février, intitulé « Fermeture temporaire des commentaires de ce blog. »


Et d'expliquer qu'après 40 000 commentaires, une fantastique conversation, la situation est devenue ingérable, notamment à cause de :
  • militants politiques et autres qui polluent toute la journée les commentaires juste pour nuire et tuer la conversation... ;
  • commentaires publicitaires en tous genres ;
  • insultes, caractère diffamatoire de beaucoup de commentaires pour moi ou pire, pour d'autres ;
  • lettres d'avocat qui me demandent de supprimer tel ou tel commentaire de personne qui s'en prend à une autre ;
  • commentateurs qui me demandent de modifier ou supprimer les commentaires une fois qu'ils les ont déposés ;
  • etc., etc.
Un billet qui m'a attristé, car pour moi une conversation qui s'éteint, c'est comme un départ, un manque, un vide qui se crée et que rien ne vient combler.

Et au-delà du cas particulier de Loïc, ça m'a fait penser à l'analyse (que je partage) faite par Chris Sherman de la recherche sociale, où il mentionne les "parfaits idiots", "les nuls et les spammeurs". Ajoutons-y les plagieurs, les trolls - pour employer un anglicisme - et les connards - pour employer un gallicisme (ou un idiotisme, si vous préférez, double-cliquez sur le mot pour obtenir sa définition).

C'est du reste l'une des raisons pour laquelle je ne lis pratiquement jamais les commentaires laissés sur AgoraVox, où tous les esprits chagrins et les pisse-froid vont déverser à torrents leur bile et leur mal-être. Souvent de quoi vous faire désespérer de la nature humaine...

Donc voilà, lorsque les conversations se taisent, c'est triste.

Remarquez-bien que je n'ai pas ce problème ! Malheureusement, dirais-je même de façon assez paradoxale ! Comme je l'avouais dans cette interview :
Êtes-vous satisfait de l’interaction de votre blog ?

- Pas vraiment. Trop de silence. À ce jour, 335 commentaires (dont les miens) pour 169 billets publiés, soit pratiquement 2 commentaires par billet, un rapport de 2 à 1, presque de 3 à 1 si l’on tient compte des 76 billets non commentés, près de 50% du total. Qu’il me soit permis au passage de remercier chaudement tous ces commentateurs et quelques rares commentatrices, qui me donnent leur avis épisodiquement ou plus régulièrement. Même si en vérité, je me fais souvent l’impression d’écrire pour les moteurs vu ce taux de participation plutôt bas. Pour autant, les commentaires font sens, comme on dit en anglais, de par leur qualité plutôt que de leur quantité.
C'était il y a une trentaine de billets de cela, or la courbe n'a pas évolué depuis. Presque chaque matin, voici ce que je peux lire lorsque je contrôle mon tableau de bord :


Lorsque les conversations se taisent, c'est triste. Mais lorsqu'elles ne démarrent même pas, c'est encore plus triste. :-(


[MàJ - 5 mars 2007] Loïc Le Meur s'explique dans un podcast et annonce en parallèle la création d'un groupe Google.

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jeudi 1 mars 2007

La fin de GYM se dessine, lentement mais sûrement...

Google, premier
Yahoo!, deuxième
Microsoft, troisième


MSN sous-performe de plus en plus, ayant perdu 24% de parts de marché dans la recherche d'une année sur l'autre (janvier 2006 - janvier 2007), alors que Google en gagnait presque autant sur la même période. En outre, la position de Google est beaucoup plus forte en Europe qu'elle ne l'est en Amérique, voir la France pour exemple.

Une situation qui stagne depuis maintenant plus de deux ans, précisément depuis le lancement de MSN Search qui se voulait un "Google killer", en rien modifiée par le restyling en Live Search :


et une troisième place qu'a du mal à digérer Steve Ballmer (retranscription intégrale) :
"We're the number three company in the world for ad-funded online experiences behind Google and Yahoo! We don't like being number three."
Un message subliminal ? Pas tant que ça quand même ! Car Ballmer a beau ne pas toujours répondre aux questions qu'on lui pose (suite à ses attaques répétées), il y répond parfois, et ses paroles ne doivent pas être sous-estimées :
We are the number three seller of Internet advertising in the world, ..., and now the question is where do we go next.
Oui, qu'allons-nous faire maintenant, là est la question ! « Nous réveiller », comme le suggère Ray Ozzie avec son wake-up call ?

Moi j'aurais une solution toute simple : racheter Yahoo ! L'option IV selon les analystes d'UBS (Go big. Buy Yahoo). Pour faire d'une pierre deux coups , en éliminant le deuxième pour prendre sa place et en se rapprochant considérablement du premier par la même occasion.

L'idée n'est pas mienne et revient cycliquement à l'ordre du jour. Microsoft vient d'ailleurs d'acquérir Medstory (annonce faite il y a moins d'une semaine), un moteur vertical dédié à la santé, et reconnaît, toujours par la voix de Ballmer, qu'il peut y avoir encore de gros coups à jouer :
“There may be blockbuster [deals], but the number one thing for us is our own development and let’s call them technology acquisitions.”
Tout est dans le non-dit...

Il y a trois mois, j'ai tenté d'expliquer pourquoi Yahoo serait une proie convoitable par Microsoft, or je ne peux que confirmer mon analyse aujourd'hui : plus que jamais convoitable ! Pour plusieurs raisons défavorables à Yahoo! (mais favorables à Microsoft) :

1. L'action de Yahoo! a perdu près d'un quart de sa valeur en un an :


2. Le management de Yahoo! semble très très agité, et en dépit du lancement réussi de Panama, tout le monde, de Wall Street aux actionnaires, s'accorde à demander la tête de M. Semel, à qui il est reproché, entre autres, d'avoir loupé plusieurs tournants stratégiques, notamment quelques acquisitions manquées, de MySpace à YouTube en passant par ... Google (pour 3 misérables milliards de dollars à l'époque !).

Une chute et une instabilité que Microsoft pourrait (devrait ?) mettre à profit. Je suis d'ailleurs assez surpris de la réponse (ingénue ?) faite par Christophe Parcot, directeur de Yahoo France, à la question sans ambiguïté de Jérôme Bouteiller :
Microsoft pèse 300 Mds $ de Market Cap, Google environ 150 et Yahoo tout juste 40. Pensez vous que Yahoo puisse continuer seul sur ce marché ? Un rapprochement avec Microsoft aurait-il du sens ?
- Oui...

Donc, en donnant pour acquis que la retranscription de l'interview est fidèle, ne reste plus qu'à savoir à quelle partie de la question se réfère M. Parcot :
  1. Pensez vous que Yahoo puisse continuer seul sur ce marché ?
  2. Un rapprochement avec Microsoft aurait-il du sens ?
Oui..., décidément, de part et d'autre de l'Atlantique, tout est dans le non-dit !

Probable qu'ils n'ont pas osé publier le manifeste du beurre d'arachide de Brad Garlinghouse sur leur Suggestion Board, mais que va faire Yahoo maintenant ? À suivre...


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